Pour une législation sur le port du casque

Alors que la question du port du casque obligatoire refait surface dans l’actualité, la Fédération québécoise des sports cyclistes (FQSC) souhaite réitérer sa position dans ce dossier.

La FQSC, en tant qu’organisme qui représente des milliers de cyclistes au Québec, se range derrière l’avis d’une majorité de spécialistes de la santé qui réclament l’adoption d’une réglementation provinciale sur le port obligatoire du casque. Doublée à une importante campagne d’éducation, surtout chez les moins de 18 ans, l’instauration d’une loi permettrait de réduire de manière significative le nombre de blessures à la tête, de même que les décès qui peuvent s’en suivre.

D’ailleurs, l’obligation du port du casque figure parmi les amendements au Code de la sécurité routière suggérés par la FQSC dans le mémoire qu’elle a déposé en août dernier, à la demande du ministre des Transports, Robert Poëti.

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) abonde également en ce sens et recommande l'application des lois rendant obligatoire le port du casque pour les cyclistes et les utilisateurs de deux-roues motorisés, et ce, depuis déjà plus de 10 ans.

Ailleurs au pays et dans le monde

Sept provinces canadiennes ont déjà adopté des lois à cet effet. En Colombie-Britannique, au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse et à l’Île-du-Prince-Édouard, il est obligatoire de porter un casque, et ce à tout âge, alors qu’en Alberta, au Manitoba et en Ontario, la règlementation s’applique seulement aux mineurs.

Une telle réglementation a également été instaurée dans plusieurs pays, et ce, depuis quelques années maintenant. Et même si cette loi s’est initialement heurtée à une certaine réticence, les autorités concernées  n’ont pas fait volte-face.

D’après ce qui a été observé, l’application d’une loi sur le port du casque protecteur, comme toute nouvelle législation qui vise à changer les comportements, n’aurait eu qu’un impact temporaire et limité sur le nombre d’adeptes de vélo.

Applicabilité d’une telle disposition

L’adoption d’une loi ne peut pas être strictement assujettie à la difficulté ou non que représente sa mise en application. Si tel était le cas, la veste de sauvetage ne serait jamais devenue obligatoire dans les embarcations nautiques et la réglementation sur le port de la ceinture de sécurité dans les voitures n’aurait pas été adoptée. Ces lois existent parce qu’elles sont pertinentes, voire primordiales, et parce qu’elles répondent à des impératifs de sécurité et de santé publique.

Règlementation pour les moins de 18 ans

Rappelons qu’en 2012, les centres hospitaliers universitaires (CHU) de Québec, Sherbrooke, Sainte-Justine et McGill avaient joint leur voix pour demander l’instauration d’une loi provinciale afin d’appuyer leurs efforts de sensibilisation à l’importance du port du casque à vélo. Les membres du comité de promotion de la santé, formé de professeurs des départements de pédiatrie des quatre CHU, avaient alors reconnu les limites de la sensibilisation et plaidé pour l’instauration d’une législation.

Ainsi, l’obligation de porter un casque chez les moins de 18 ans permettrait de réduire considérablement les accidents graves et mortels à vélo.

« Porter un casque peut réduire de 85% le risque d’avoir un traumatisme crânien », indiquait Dr Claude Cyr, pédiatre du CHU de Sherbrooke et instigateur de la règlementation adoptée dans cette ville.

« Il n’y a aucun cas de mortalité lorsque les enfants portaient un casque en vélo », ajoutait Jeffrey Atkinson, neurochirurgien à l'Hôpital de Montréal pour enfants.

Un investissement plutôt qu’une dépense

 « Le système de santé va payer pour les gens qui se font hospitaliser. Il vaut mieux investir dans la prévention », concluait le Dr Jean-Yves Frappier.

Selon ces médecins, les sommes investies seraient rapidement absorbées. Ils ont d’ailleurs souligné que chaque dollar investi dans les casques permet d’économiser 30$ en coût pour la société.

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