Bouchard et Gagné, premiers Québécois dans les sentiers olympiques

Le vélo de montagne fête ses 20 ans au programme des Jeux olympiques et pour une première fois, des athlètes québécois masculins seront au nombre des inscrits. Léandre Bouchard et Raphaël Gagné porteront les couleurs canadiennes dimanche prochain sur le parcours de Deodoro.

Michel LeBlanc œuvre dans le milieu du vélo de montagne depuis plus de 30 ans où il a été athlète et entraîneur-chef des équipes canadienne et québécoise de vélo de montagne. Il est difficile de trouver un meilleur observateur que celui qui entraîne Raphaël Gagné depuis une dizaine d’années pour analyser le chemin parcouru par les athlètes québécois au fil des ans.

« C’est un travail d’équipe qui s’est bâti sur le long terme et il y a eu une passation des pouvoirs, des connaissances et de la passion pour produire des athlètes qui ont atteint l’équipe canadienne. Après 25 ans, deux athlètes peuvent arriver là dans une équipe où il y a peu d’élus. »

Selon lui, la recette est simple : plus il y a de clubs, d’entraîneurs et d’organisateurs de courses, plus les chances de retrouver des athlètes au sommet de la pyramide sportive sont élevées croit celui qui a été deux fois entraîneur de l’équipe canadienne aux Jeux olympiques, ayant notamment guidé Marie-Hélène Prémont vers la deuxième marche du podium à ceux d’Athènes en 2004.

Le talent et l’ambition aident à atteindre ce sommet, mais encore faut-il que la santé soit au rendez-vous.

Raphaël Gagné est bien placé pour le savoir. Selon LeBlanc, ses problèmes de santé, des sinusites à répétition, ont retardé de deux ans l’atteinte de son pic de forme. En contrepartie, cette situation a aussi eu du bon.

« Raphaël, c’est un champion du monde de la résilience et s’il avait été plus fragile mentalement, c’est sûr qu’il aurait arrêté. Jamais je ne l’ai ramassé à la petite cuillère, jamais! Et ç’aurait pu arriver. La saison dernière, c’est le plus beau cadeau qu’il a eu et il l’a vraiment savouré. »

Le principal intéressé abonde dans le même sens. « Ça arrive de rencontrer des obstacles, soit des ennuis de santé ou des bris mécaniques. Être passionné comme je le suis doit aider à être plus résilient », pense le bachelier en enseignement de l’éducation physique et de la santé.

À Rio, Gagné veut réaliser la meilleure course de sa vie. Il a enchaîné les gros entraînements en juillet pour se préparer pour les Jeux au prix de finir loin devant ses proches à la Coupe du monde de Mont Ste-Anne, au début août.

« Dans mon cœur, c’était évident que c’était la bonne chose à faire. »

Léandre Bouchard, l’invité surprise

Il y a trois ans à peine, Léandre Bouchard remportait les trois épreuves de vélo de montagne aux Jeux du Canada de Sherbrooke. Aujourd’hui le voici aux Jeux olympiques.

Le déclic d’une éventuelle participation aux Jeux s’est fait après une cinquième place à une épreuve internationale des moins de 23 ans en 2014. « À partir de ce moment, j’ai essayé de batailler avec les meilleurs Canadiens et cette année, c’est arrivé juste à point. »

Sans cesse en progression en Coupe du monde depuis deux ans, le natif d’Alma a su réaliser de bonnes performances au moment critique pour devancer l’Ontarien Derek Zandstra dans la lutte serrée de celui qui accompagnerait Gagné qui était le seul Canadien à avoir répondu aux critères de sélection.

C’est donc sans complexe que l’athlète de 23 ans s’élancera sur le parcours de Deodoro et il aimerait être dans les 15 premiers à franchir la ligne d’arrivée. Les prévisions météo de dimanche annoncent de la pluie, ce qui tempérera la chaleur qui enveloppe Rio depuis une semaine.

« J’apprécie ce genre de parcours et je m’y sens à l’aise techniquement. Le degré d’inclinaison va m’avantager avec mon grand gabarit. »

Rédaction : Sportcom

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