Gagné et Bouchard dans la course pour une qualification olympique

Tout porte à croire que l’attente de 20 ans avant de voir un premier athlète masculin québécois en vélo de montagne aux Jeux olympiques tire à sa fin. Meilleur Canadien au classement mondial, Raphaël Gagné est déjà en excellente position de décrocher le premier poste canadien masculin aux Jeux de Rio. Quant à Léandre Bouchard, il est engagé dans une lutte pour une éventuelle deuxième place que le pays pourrait obtenir si tout se déroule comme prévu à compter de dimanche, à la première étape de la Coupe du monde de la saison qui aura lieu à Cairns, en Australie.

Chez les femmes, le Canada devrait avoir deux places confirmées au Brésil. Catharine Pendrel et Emily Batty sont bien en selle pour représenter le pays à des deuxièmes Jeux consécutifs.

En Australie, Gagné et Bouchard seront accompagnés des Québécois Cindy Montambault chez les seniors et de Catherine Fleury, Frédérique Trudel, Marc-André Fortier, Alexandre Vialle, Félix Belhumeur et Raphaël Auclair, tous inscrits aux épreuves des moins de 23 ans.

Gagné dans le siège du conducteur

L’année 2015 a été celle des grandes premières pour Raphaël Gagné. L’athlète de Lac-Beauport a remporté l’or aux Jeux panaméricains, il a mis la main sur un premier titre national senior et surtout, il a satisfait à un critère de sélection olympique grâce à sa sixième place à la Coupe du monde de Windham (New York).

« Je ne m’assois pas sur ma performance de l’an passé et je veux bien faire aux Coupes du monde, sélections olympiques ou pas. Je veux confirmer ma sélection et ensuite performer aux Jeux olympiques », indique celui qui porte désormais les couleurs de l’équipe américaine Cannondale 360Fly / Sugoi et qui s’était classé trois fois dans les 15 premiers en Coupe du monde l’an dernier.

La dernière saison a aussi été l’année où ses problèmes aux sinus et aux amygdales ont été réglés pour de bon, ce qui lui a permis de s’exprimer pleinement sur son vélo. « C’est le travail et l’apprentissage des dernières années, mais aussi celui de la patience et de la résilience. Je n’ai pas toujours été en santé et maintenant que je suis moins souvent malade, ça paraît au classement », analyse l’athlète qui continue de collaborer avec son entraîneur de longue date, Michel LeBlanc.

La suite des choses prendra la tournure d’un travail d’équipe pour les athlètes canadiens qui devront classer le pays dans les 13 premières nations après la troisième Coupe du monde. L’impasse faite par l’équipe canadienne sur les Championnats panaméricains présentés en Argentine a permis aux athlètes d’arriver en Australie plus reposés, sauf que cela a fait en sorte qu’ils ont raté une belle occasion d’amasser des points.

« Il faudra que tout le monde marque des points pour qualifier deux hommes », croit le cycliste de 29 ans, vainqueur de la US Cup de Fontana (Californie) au début avril.

Bouchard au plus fort de la lutte

La lutte pour une éventuelle deuxième place olympique masculine se jouera principalement entre Léandre Bouchard et l’Ontarien Derek Zandstra. Gagné croit que les prétendants devront toutefois avoir à l’œil son ancien coéquipier chez Rocky Mountain et triple olympien Geoff Kabush, même s’il a rarement été au sommet des classements au cours des dernières années.

« Il ne faut pas oublier qu’il a déjà gagné une Coupe du monde (NDLR : à Bromont en 2009) et je pense que plusieurs se trompent en le comptant déjà exclu. »

Léandre Bouchard a tout à gagner en faisant d’une qualification olympique son principal objectif. « Je veux donner le meilleur de moi-même pour tenter le coup. L’an dernier, Derek me surpassait d’un petit peu, mais je ne suis pas très loin derrière et ma progression fait en sorte que c’est possible d’aller ravir la deuxième place olympique », mentionne celui qui souhaite que la différence se fasse « à la pédale » plutôt qu’à la suite d’un bris mécanique.

Signe que la lutte sera intéressante, Zandstra a devancé Bouchard pour la quatrième place au cross-country de la Sea Otter Classic le week-end dernier, sauf que les deux ont terminé au sprint final dans le même temps.

L’athlète de 24 ans continue de s’améliorer et il voit sa jeunesse comme un atout sur l’Ontarien de 32 ans. « Oui, c’est à mon avantage et ce sera intéressant de voir ce que je pourrai faire en Coupe du monde. Si je le chauffe ou que je le devance, ça me mettra en confiance », croit l’étudiant en éducation physique à l’Université du Québec à Chicoutimi qui a annulé son traditionnel voyage de cyclotourisme de l’entre-saison afin de devancer son entraînement et être fin prêt pour le mois d’avril.

« J’ai tout à gagner. À mon âge, c’est un heureux défi que de tenter de me qualifier pour les Jeux olympiques. Si mes coéquipiers sont meilleurs que moi, je ne serai pas déçu pour autant. »

L’athlète entraîné par Jude Dufour chez les Cyclones d’Alma visera davantage un bon résultat plutôt que d’être constant à ces trois Coupes du monde déterminantes. « Si je fais une grosse course (top-20) et que je scrappe les deux autres, je vais être content. »

Rédaction : Sportcom

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