Une dernière chance de faire ses preuves

Le rideau des Jeux paralympiques se lèvera dans exactement quatre mois à Rio, mais le 7 septembre 2016 semble bien loin pour les paracyclistes canadiens qui sont dans le dernier droit du processus de qualification.

« Je vais commencer à sentir l’excitation lorsque ma qualification sera assurée », affirme le Québécois Charles Moreau, qui évolue dans la classe H3.

La médaillée des Jeux de Londres en classe C4, Marie-Claude Molnar, a les mêmes réserves. « C’est sûr que c’est excitant, mais c’est primordial pour moi de conserver ma concentration sur ce qui est important maintenant, c’est-à-dire mettre tous les efforts nécessaires pour être sélectionnée », mentionne l’athlète de 32 ans qui utilise le compte à rebours vers Rio comme élément motivateur. « Le fait que ce soit juste dans quatre mois, c’est un peu une petite tape dans le dos pour nous encourager à continuer le travail qui est fait en ce moment », précise-t-elle.

Au total, cinq hommes et quatre femmes devraient représenter le pays à Rio selon l’allocation provisoire des quotas par l’Union cycliste internationale. Avant que la décision de l’Association cycliste canadienne ne tombe, les représentants de l’unifolié auront une dernière chance de faire leurs preuves lors de la Coupe du monde d’Ostende, en Belgique, qui sera disputée du 20 au 22 mai.

« Cela devrait permettre aux décideurs de confirmer leurs observations », mentionne Marie-Claude Molnar, qui, comme tous ses coéquipiers de l’équipe nationale, a fait l’impasse sur l’étape inaugurale du circuit de la Coupe du monde présentée cette fin de semaine à Pietermaritzburg, en Afrique du Sud.

La préparation va bon train pour les deux paracyclistes québécois, mais ils ne sont pas les seuls à convoiter les prestigieux laissez-passer. Plusieurs compatriotes se joindront à eux à Ostende avec le même objectif, notamment Daniel Chalifour (B), Nicole Clermont (C5), Marie-Ève Croteau (T2) et Rico Morneau (H3).

Leur premier test sur route de la saison, lors du Défi sportif AlterGo la semaine dernière, a été encourageant.

« Ça m’a permis d’avoir un premier son de cloche en vue de la saison, a noté Moreau. J’ai quand même vu une progression et j’ai bien fait si je me compare aux autres Canadiens. C’est difficile de prédire l’évolution des autres gars, mais ça regarde bien. »

Marie-Claude Molnar s’est surprise elle-même au contre-la-montre. « J’ai excédé ce à quoi je m’attendais. »

Sa première aventure paralympique à Londres en 2012 lui a permis d’aborder les prochains Jeux plus sereinement.  « J’ai ce bagage avec moi. Je sais exactement comment me préparer et j’ai pris de la maturité. Je suis en mesure de garder le contrôle s’il y a des imprévus. »

Papa paralympien ?

Un autre événement est très attendu en 2016 pour Charles Moreau. Le Victoriavillois deviendra papa pour la première fois d’ici les prochaines semaines. « C’est une année bien spéciale », affirme-t-il.

Et le paracycliste ne veut surtout pas rater la naissance de son fils prévue pour le 1er juin, mais qui pourrait se pointer le bout du nez plus rapidement. C’est la raison pour laquelle il quittera le Québec seulement 48 heures avant le début de la Coupe du monde de Belgique et repartira vers la maison tout de suite après. « Je veux minimiser le plus mes chances de manquer ça. »

Tête la première dans la vie

À son retour de la Belgique, Marie-Claude Molnar ne prendra pas de pause de son vélo. L’ambassadrice du Défi Tête la première prendra le départ de la première étape de l’événement qui reliera Saint-Jérôme à Salaberry-de-Valleyfield sur près 140 kilomètres.

« Lorsque j’ai eu mon accident en juillet 2005, mon objectif était de faire la plus grande distance possible sur mon vélo. Je devais faire 120 kilomètres, et cette distance, je ne l’ai finalement jamais encore faite. J’aurai l’occasion de la faire le 27 mai ! Ça me permettra de boucler la boucle sur mon objectif initial d’il y a 11 ans. »

Les dés ne sont pas jetés pour Rio, mais chose certaine, Molnar et Moreau sont prêts à relever le défi qui se dresse devant eux.

« Je suis confiant et j’ai mis les bons outils à ma disposition pour être prêt sur tous les plans. C’est à suivre ! », conclut Charles Moreau.

Rédaction : Sportcom

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