La déception du résultat, la fierté du parcours

Déception et fierté sont les deux sentiments qui habitaient Hugo Barrette après son élimination hâtive au vélodrome olympique, mardi matin, à Rio. Déception de sa 13e place au Keirin, mais fierté d’être au départ d’une course olympique alors qu’il avait frôlé la mort à la suite d’un terrible accident à l’entraînement en octobre dernier.

« C’était clair que je pouvais gagner. J’étais dans les plus rapides à l’entraînement et tout le monde le savait. Ce n’est pas la performance espérée, mais j’ai eu l’occasion de performer et pour moi, c’est ça qui est important », a reconnu le cycliste qui s’est longuement entretenu avec les journalistes après son élimination.

Oui, un bon résultat lui aurait fait plaisir. C’est l’occasion ratée de faire ses preuves et de démonter sa valeur que regrette le cycliste, ainsi que d’avoir fait de mauvais choix stratégiques.

« Le plus dur est de savoir que j’avais ce qu’il fallait pour me qualifier et de ne pas m’être qualifié. Les jambes étaient là, mais pas ma prise de décision. J’étais dans la forme de ma vie. »

En première ronde, Barrette s’est fait avoir dans le piège de la facilité. Il a attendu une fraction de seconde de trop avant de démarrer son accélération et s’est fait coincer pour finir au quatrième rang. « Ça, c’était une mauvaise décision. Je l’ai ratée et je m’en veux! »

Le pistard était beaucoup plus satisfait de sa course de repêchage du premier tour, mais il juge qu’il a encore attendu trop longtemps et il a terminé deuxième derrière le Malaisien Azizulhasni Awang qui a pu poursuivre son chemin dans le tableau.

« Il y a tellement de choses qui peuvent arriver et c’est ça la beauté du Keirin. »

Un sprint de trois ans

L’accident survenu l’automne dernier en entraînement préparatoire à la Coupe du monde de Cali a été un obstacle supplémentaire dans la qualification du Madelinot aux Jeux. Pressé de revenir en selle, il a sacrifié l’épreuve du sprint et s’est concentré sur celle du Keirin, dont les résultats ne dépendent pas uniquement de la vitesse brute.

« Sans l’accident j’aurais pu faire le sprint et prouver ce que je valais, mais compte tenu du parcours que j’ai eu, je suis fier. Que ce soit la treizième place ou la première, je suis revenu de quelque chose dont la plupart des gens auraient mis fin à leur carrière. Je vais me rappeler de ça dans les moments les plus difficiles. Ça restera tout le temps une fierté d’être ici, car j’ai passé proche de ne pas y être. »

Barrette croit en ses chances de décrocher une médaille au sprint des prochains Championnats du monde. Il veut toutefois attendre quelques jours avant de faire un bilan.

« Il faut que je garde la fierté d’avoir eu juste une Coupe du monde pour me qualifier et de passer d’être presque mort sur le bord de la piste à 13e place aux Jeux olympiques en huit mois. Ça, je ne l’oublie pas. »

Il s’est tout de même avancé à dire qu’il veut poursuivre sa carrière pour un autre cycle olympique.

« Il y a de belles choses qui s’en viennent au sprint par équipe et ça ne prendra pas beaucoup de temps avant que nous devenions une des meilleures équipes au monde. Mais là, il me faut du repos. Ça fait trois ans que je n’ai pas arrêté. Ç’a été une longue aventure et ça ne se termine pas comme je l’avais envisagé. Je me suis toujours battu, j’ai toujours fait mon chemin et je vais y arriver pour être le meilleur au monde. »

Rédaction : Sportcom

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