Les derniers tours de piste de Rémi Pelletier-Roy

C’était une journée émotive pour l’équipe masculine de poursuite aux Championnats du monde de cyclisme sur piste de Londres. Le capitaine et mentor du groupe Rémi Pelletier-Roy disputait ses derniers tours au sein de la formation canadienne lors des qualifications de l’épreuve présentée mercredi.

Le pistard québécois pensait accrocher sa monture de course après les Jeux olympiques de Rio, mais comme ses chances d’y participer se sont envolées, il a annoncé qu’il tirera sa révérence après les Mondiaux. Il pouvait ainsi terminer en beauté ce qu’il a commencé avec ses coéquipiers de la poursuite cette saison.

Étant donné que les représentants de l’unifolié se sont classés au 12e rang des préliminaires avec un temps de 4 min 5,641 s, ils ne peuvent avancer plus loin dans la compétition. Ils devaient terminer parmi les huit meilleurs pays pour atteindre la ronde suivante.

« Notre objectif était de faire un temps de 4 min 5,5 s et nous avons fait 4 min 5,6 donc en terme de temps, c’est mission accomplie. En plus, nous  avons perdu un coéquipier dans la course plus tôt que nous nous attendions. Il a accroché ma roue arrière et a été propulsé à l’extérieur de la piste », a expliqué Pelletier-Roy qui était accompagné de Sean Mackinnon, Adam Jamieson et Ed Veal sur la ligne de départ.

Le Longueuillois est satisfait de la performance de son équipe. « Notre coach espérait un top-8, mais je n’y croyais pas. Il se basait sur notre neuvième place à la Coupe du monde en Nouvelle-Zélande pour établir cet objectif, mais il ne faut pas oublier qu’il y avait plusieurs équipes en développement là-bas. Il fallait s’attendre à ce que les pays se présentent aux Mondiaux avec leurs meilleurs coureurs. »

Les souliers de capitaine au placard

En janvier dernier, Rémi Pelletier-Roy a su qu’il ne se qualifierait pas pour les Championnats du monde à l’omnium, son épreuve individuelle de prédilection, voyant du même coup ses chances de participer aux Jeux olympiques de Rio s’anéantir. Sa fracture d’une clavicule l’automne dernier y est pour beaucoup, car elle a limité sa participation aux Coupes du monde.

« En janvier, après Hong Kong, j’ai réalisé que ça devenait impossible pour les Jeux olympiques. Mon entraîneur m’a appelé pour savoir si je voulais tout de même venir aux Championnats du monde avec mon équipe de poursuite et faire les camps d’entraînement en Californie et à Toronto. Je suis content d’avoir accepté d’aller donner un dernier coup de main. Ça termine bien ma carrière. »

Le capitaine de l’équipe canadienne de poursuite tenait à donner le plus d’expérience possible à sa jeune formation de compétition. « J’ai été motivé jusqu’à la fin, même si mes objectifs personnels étaient terminés. Des poursuites par équipe, j’en ai fait beaucoup, donc j’avais un effet rassurant dans la formation. Les gars me faisaient confiance et m’écoutaient. Quand je leur disais de ralentir, ils savaient que ce n’était pas parce que j’étais en difficulté, mais pour que nous finissions la course le plus rapidement possible. »

Même s’il est en paix avec sa décision, Rémi Pelletier-Roy était quand même un peu nostalgique en pensant qu’il ferait ses derniers tours en tant que capitaine de l’équipe de poursuite mercredi matin. « Je me le suis dit que c’était ma dernière poursuite par équipe. C’est fou, depuis 2009, j’en ai fait au moins une cinquantaine.»

« C’est sûr que j’aurais aimé aller aux Jeux olympiques. C’était mon objectif de fin de carrière, mais j’ai vécu d’autres beaux moments durant ma carrière, comme ma participation aux Jeux du Commonwealth. J’ai aussi pris plaisir à aider l’équipe moins expérimentée durant la dernière année. Sur le plan personnel, j’ai appris à travailler sur moi et à prendre du recul quand c’est nécessaire pour le groupe. Avec ma blessure à la clavicule aussi, j’ai beaucoup travaillé sur ma personne et ça va me rester toute ma vie. »

Rémi Pelletier-Roy montera peut-être sur son vélo une dernière fois au cours des Championnats du monde pour disputer la poursuite individuelle. Le représentant canadien à cette épreuve n’a pas encore été dévoilé. Il aimerait bien avoir la chance de faire quelques tours de piste supplémentaires avant de se concentrer pleinement sur son autre passion : la médecine.

Rédaction : Sportcom

Cliquez ici pour consulter nos archives.