Les mondiaux pour mettre la touche finale

Hugo Barrette et Kirsti Lay tenteront de placer leurs pions aux Championnats du monde de cyclisme sur piste de Londres, dernière répétition générale avant les Jeux olympiques de Rio. Au terme de cette compétition qui s’amorceront mercredi, le classement mondial déterminera les places qui seront attribuées pour le rendez-vous de Rio.

Également présent, Rémi Pelletier-Roy voudra mettre un terme à sa carrière sportive sur une bonne note. La fracture d’une clavicule l’automne dernier a limité ses participations aux Coupes du monde et il est désormais mathématiquement exclu dans la course pour une éventuelle qualification olympique. Le Longueuillois retournera donc à ses études en médecine au cours des mois à venir.

Hugo Barrette : plus fort qu’avant l’accident

Hugo Barrette est rapidement remonté en selle à la suite de son terrible accident survenu à l’entraînement en marge de la Coupe du monde de Cali à la fin octobre. Non seulement son éventuelle qualification pour Rio était en jeu, mais c’est sa vie qui aurait pu être fauchée lorsqu’il a été éjecté de la piste à 80 km/h pour ensuite aller s’écraser dans les gradins. C’est donc dans une véritable course contre la montre que le cycliste s’est engagé pour obtenir son billet pour le Brésil.

« D’avoir presque tout perdu a fait que chaque entraînement était vraiment important. C’était un sentiment d’urgence », explique celui qui est inscrit aux épreuves de sprint individuel et de keirin. « C’est particulier, car lorsque tu es à ton meilleur niveau, tu tombes dans une certaine routine. Là, je voulais toujours me dépasser parce que je voulais revenir au meilleur niveau. Et en fin de compte, je suis même peut-être meilleur qu’avant. »

Barrette a décidé de mettre tous ses œufs dans le même panier pour obtenir sa place au keirin, ce qui est presque chose faite. Cette course se dispute à six coureurs qui suivent une moto dont la vitesse augmente de 30 km/h à 50 km/h à la marque des 1400 mètres. Ensuite, le motocycliste sort de piste et laisse la place aux cyclistes pour les derniers 600 mètres de l’épreuve.

« C’est là où je pense que je peux gagner. J’ai beaucoup d’expérience, j’ai fait mes preuves et j’ai une constance dans cette épreuve, contrairement au sprint individuel. Quand je me présente sur la ligne, je pense que je peux gagner contre n’importe qui. J’adore m’entraîner, mais au keirin, je suis toujours allumé. Cette épreuve m’amène à me dépasser », explique le médaillé d’argent à cette épreuve à la Coupe du monde de Hong Kong, en janvier, et qui ne veut toutefois pas s’avancer à propos des résultats qu’il obtiendra dans la capitale britannique.

Depuis son retour à l’entraînement, le Madelinot n’a jamais douté qu’il retrouverait la forme.

« Je suis tombé dans une bulle et dans une concentration totale pendant les trois derniers mois. Je gardais en tête mon objectif. Ce n’était pas à propos des Jeux ou pour faire mes preuves aux yeux des entraîneurs, mais plus pour me prouver à moi-même que j’étais de retour et que je n’avais pas de séquelles de l’accident. Ma progression continue comme avant l’accident et c’est ce qui me rend heureux! »

Sept filles pour quatre places

Dominant depuis le début de la saison à la poursuite par équipe féminine, le Canada sera la formation à battre à Londres.

« Oui, nous serons là avec Rio en tête, mais en même temps, nous voulons montrer ce que nous pouvons faire pour mettre la main sur le titre mondial. C’est en quelque sorte une répétition générale », soutient la Montréalaise d’adoption Kirsti Lay qui fait partie du groupe des sept athlètes canadiennes à cette épreuve, soit six inscrites et une substitut.

L’ancienne patineuse de vitesse longue piste croit aux chances du Canada, mais ajoute que les formations de la Grande-Bretagne, des États-Unis et de l’Australie seront aussi dans la lutte au titre mondial, car toutes ces nations n’ont pas toujours présenté leurs meilleurs quatuors aux dernières Coupes du monde.

Jasmin Glaesser, Laura Brown, Stephanie Roorda, Georgia Simmerling, Allison Beveridge et Annie Foreman-Mackey seront les autres Canadiennes en lice pour les quatre places dans le quatuor qui sera en piste.

Entraînement varié et profitable

Après avoir fait l’impasse sur la Coupe du monde de Hong Kong afin d’accumuler les kilomètres sur la route, Lay a enchaîné avec un camp d’entraînement sur piste à Los Angeles au rythme de deux séances par jour. Ce choix de l’entraîneur Craig Griffin s’est avéré judicieux selon elle.

« J’ai vu une différence à mon retour sur la piste. Les chiffres obtenus aux différents tests ont confirmé que ce fut une bonne chose. C’était l’idée de Craig et il a dû me convaincre au départ, mais j’ai pleinement confiance en lui. Il a une vision à long terme pour l’équipe », croit-elle.

L’athlète qui est mariée à l’ancien patineur Mathieu Giroux vient de monter un grade sur la route : elle a signé un contrat au sein de l’équipe américaine Rally (NDLR : anciennement Optum). En plus de rejoindre sa coéquipière de l’équipe de poursuite Jasmin Glaesser, Lay se réjouit de faire partie de cette équipe qui est une des meilleures en Amérique du Nord.

Glaesser, médaillée de bronze olympique à Londres à la poursuite par équipe, saura partager son expérience avec la Québécoise.

« C’est un bonus de l’avoir à mes côtés. Et le directeur de l’équipe est Zach Bell (NDLR : qui a participé la course Madison en compagnie de Martin Gilbert aux Jeux olympiques de Pékin) et il sait très bien ce que nous vivons et nous donne de bons conseils. C’est donc une très bonne combinaison. Cela me donnera l’occasion de relever un gros défi et de participer à des compétitions plus relevées. Ça me permet aussi de garder ma motivation et d’avoir du plaisir. »

Rédaction : Sportcom

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