Rémi Pelletier-Roy : un héritage à léguer

Il n’a peut-être que 25 ans, mais il était le plus expérimenté de son équipe en finale de la poursuite par équipe des Jeux panaméricains de Toronto. Rémi Pelletier-Roy et ses coéquipiers canadiens sont montés sur la troisième marche du podium devant un public conquis au vélodrome de Milton.

Grâce à une forte deuxième moitié de course, le Longueuillois, les Ontariens Ed Veal et Sean MacKinnon ainsi que l’Albertain Eric Johnstone ont défait leurs adversaires vénézuéliens en finale pour l’obtention de la médaille de bronze.

Malgré la déception d’avoir fini cinquième à l’omnium vendredi, Pelletier-Roy croit s’être un peu racheté dimanche et s’est réjoui de ne pas quitter les Jeux les mains vides.

« Je voulais ma médaille individuelle à l’omnium et à la poursuite par équipe. C’était mon projet personnel avec mes coéquipiers alors je suis content d’avoir réussi à gagner avec eux aujourd’hui (dimanche). »

Si cela n’avait pas été d’une erreur de communication en demi-finale samedi, les Canadiens auraient disputé la médaille d’or à la Colombie. C’est finalement l’Argentine, victorieuse face à l’unifolié, qui a eu cet honneur.

« C’est révélateur, je pense que nous aurions pu finir deuxièmes facilement. C’est un bon test pour les Championnats panaméricains », indique celui qui prépare déjà son retour à la compétition, au début du mois de septembre, au Chili.

Il sera important pour le Québécois de poursuivre son travail au deuxième tournoi des Amériques de l’été puisque ce dernier comptera dans le processus de sélection pour les Jeux olympiques de Rio, un rendez-vous qu’il ne veut surtout pas manquer.

C’est à l’omnium que le cycliste québécois espère obtenir son billet vers le Brésil. « La poursuite par équipe est une priorité de Cyclisme Canada, mais je voulais poursuivre ma chance à l’individuel. En montrant ma volonté d’aider l’équipe à la poursuite, je peux défendre ma place l’omnium. »

Bien qu’il serait heureux de rouler aux côtés de ses coéquipiers en poursuite l’été prochain, il croit plus réaliste que ses jeunes comparses soient plutôt prêts pour les Jeux de Tokyo. Une aventure dont il ne fera pas partie.

« J’ai une échéance du côté sportif en 2016 puisque je veux ensuite terminer mes études », explique celui qui a pris une pause de ses études en médecine jusqu’aux Jeux de Rio. « Mais je veux vraiment mener ces gars-là le plus loin possible, et je les vois aux Jeux de 2020.  Je veux aller à Rio pour moi, mais je veux leur léguer quelque chose. »

Fils unique, Rémi Pelletier-Roy partage son expérience avec ceux qu’ils considèrent comme ses petits frères. « J’essaie de leur transmettre que c’est en nous entraidant que nous serons les meilleurs coéquipiers. Tout le monde veut que l’équipe aille vite. »

Le pistard aime bien ce rôle de mentor auprès d’eux. « Même si je ne suis pas si vieux, j’ai de l’expérience à transférer. Je n’ai pas fait les Jeux olympiques de 2012, mais j’étais dans le processus. Des poursuites, ils en ont peut-être fait 4-5 dans leur vie, moi j’ai dû en faire 40. »

Pelletier-Roy est donc aux premières loges de la progression de son équipe. « Des fois, au début, j’étais un peu frustré quand ils ne suivaient pas. Mais j’ai changé ma mentalité de plus les accompagner. »

La médaille de bronze remportée dimanche démontre que l’équipe est sur la bonne voie. « Il y a un an, ça n’allait pas très vite. Je faisais les  trois quarts du travail. Maintenant, ma part de travail diminue et nous allons de plus en plus vite. »

Le Québécois espère tout mettre en place avant de mettre un terme à sa carrière. « Quand je quitterai l’équipe dans un an et demi, je ne veux pas que ça paraisse trop. Dans la vie, le travail d’équipe ce n’est pas seulement dans le sport et ça serait un accomplissement de leur léguer ça.»

Rédaction : Sportcom

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