Duchesne et Houle au service de Woods

Ils savaient que le parcours des Jeux olympiques de Rio avait tous les atouts pour rendre l’épreuve ardue et c’est ce qui est arrivé. Samedi, dans une course marquée par plusieurs chutes, l’équipe canadienne a bien mis en œuvre son plan, sauf que le résultat n’a pas été celui espéré. Antoine Duchesne et Hugo Houle protégé leur coéquipier Mike Woods qui a ensuite été laissé à lui-même dans le dernier tiers du parcours de 237,5 kilomètres.

Les deux Québécois n’ont pas terminé l’épreuve remportée brillamment par le Belge Greg Van Avermaet. Quant à Woods, il a terminé 55eaccusant un retard de 20 minutes sur le nouveau champion olympique.

« C’était dur! Une fois dans le premier circuit, c’était très tendu et il n’y avait pas de moment où nous pouvions souffler, a expliqué Duchesne après l’épreuve. Il y peut-être 40 gars qui vont passer la ligne d’arrivée aujourd’hui et peu de personnes qui pouvaient se battre pour aller chercher la victoire. C’est une des plus dures course que j’ai faites. C’est rare que j’abandonne une course. »

« Je savais que le col serait trop dur pour moi. Ma course était surtout les 170 premiers kilomètres pour s’assurer d’amener Mike le plus frais possible », de poursuivre le cycliste de Saguenay qui a visionné la fin de l’épreuve les deux pieds dans l’océan, en compagnie de ses parents.

Un groupe de 6 coureurs s’est formé en début de course parmi lequel les plus dangereux étaient l’Allemand Simon Geschke, le Suisse Michael Albasini, le Colombien Jarlinson Pantano et surtout le Polonais Michal Kwiatkowski, champion du monde 2014.

L’écart du groupe est monté jusqu’à 8 minutes et avec 160 km à faire, Britanniques et Espagnols ont commencé à organiser la chasse. L’Italie est ensuite venue prêter main forte. Avant le moment tant attendu du début de la première boucle du deuxième circuit routier, soit à environ 80 kilomètres de la ligne, Duchesne et Houle ont se sont placés aux avant-postes afin de mettre la table pour Woods.

« Ce n’était pas évident de toujours retrouver Mike, car nous ne sommes pas habitués de courir avec lui. Je pense que nous avons fait du bon travail. Après la première montée du circuit final, on a l’a placé devant et là notre job était faite! La montée était dure et je n’avais pas les jambes pour suivre », a commenté Houle.

« Je suis entré dans le circuit dans une position parfaite. Je me sentais bien à la première côte, mais à la deuxième, j’ai explosé après 3 kilomètres. Les jambes n’étaient pas là. J’ai terminé et c’était la course la plus dure de ma vie », a reconnu l’Ontarien Woods.

Le Britannique Steve Cummings a commencé le travail d’élagage dans le peloton et seuls les plus forts ont survécu. Kwiatkowski a été le dernier survivant de l’échappée du jour lorsqu’il a été rattrapé avec 45 kilomètres à faire. Peu de temps après, c’était au tour de l’Italien Vincenzo Nibali de mettre le feu aux poudres avec son compatriote Fabio Aru.

Nibali allait frapper à nouveau peu avant le sommet de la dernière ascension, question de se donner un coussin sur Greg Van Avermaet qui revenait dangereusement sur la tête de course. Suivi par le Colombien Sergio Henao et le Polonais Rafal Majka, le Requin de Messine a attaqué la périlleuse descente du col Vista Chinesa à tombeau ouvert pour en payer le prix au coût d’une fracture d’une clavicule quelques instants plus tard. Majka a réussi à se faufiler entre Nibali et Henao qui étaient au sol et le maillot à pois du dernier Tour de France a tenté de tenir le coup en solo jusqu’à la fin. Il a finalement été rejoint par Van Avermaet et le Danois Jacob Fuglsang. Ses efforts auront tout de même été récompensés d’une médaille de bronze.

Un parcours à la limite de la sécurité selon Houle

L’abandon d’Hugo Houle sur un parcours aussi accidenté était non seulement prévisible parce qu’il ne lui convenait pas, mais aussi parce que l’athlète de Ste-Perpétue a voulu économiser ses énergies en prévision du contre-la-montre de mercredi prochain où il sera le seul Canadien en lice.

Plusieurs chutes sont survenues dans la dernière descente du circuit final et Houle ne s’est pas gêné pour affirmer qu’il jugeait que le circuit était à la limite d’être sécuritaire.

« Je ne suis pas super enchanté de faire des parcours où on peut se tuer à tous les virages. À un moment donné, il faut aussi mettre des limites. Nous ne sommes pas des bêtes de cirque non plus et il faut trouver un équilibre. On ne veut pas voir un Nibali entrer dans un poteau. On imagine un scénario où il y aurait eu de la pluie, on aurait fait quoi? Dans ces conditions, ce n’est pas le plus fort qui gagne, mais le plus fou qui descend. »

Karol-Ann Canuel, Leah Kirchmann et Tara Whitten seront les représentantes canadiennes à l’épreuve féminine qui sera disputée dimanche.

Rédaction : Sportcom

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